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Dans cet énorme dossier, nous vous invitons à vous plonger dans les méandres de la mythologie japonaise. Attention au décollage !


Lieux légendaires

Divinités

Yokai

Légendes

Yomi

Izanagi et Izanami

9 Queues

Le Prince Onamuji et le Lapin d'Inaba

Rivière Sanzu

Amaterasu

Akuma

La Princesse Kaguya et le Coupeur de Bambou


Susanou

Bakemono

La Tanabata, ou le Bouvier et la Tisserande


Tsukuyomi

Bakeneko

Le Moineau à la Langue Coupée


Hikohohodemi

Bakezouri

Momotarou


Inari

Dragon

Urashima


Kwannon

Hakutaku



Les Sept Dieux de la Chance

Houkou



Aizen-Myuou

Kameosa



Enma-Daiou

Kappa



Jiraiya

Karakasa



Tomoe

Kitsune



Konohana Sakuya

Kyuuketsuki



Take-Mikazuchi

Nekomata



Himiko

Nekomusume



Kintoki-Douji

Ningyo



Sukuna-Hikona

Obake




Oni




Soujoubou




Tamamo-no-Mae




Tanuki




Tengu




Tsukumogami




Yokai




Yousei




Yuki-Onna




Yuurei



Yomi

Yomi est le mot japonais désignant un autre monde gardé par d’horribles créatures, où les morts rôdent et pourrissent pour l’éternité. Aucun retour dans le monde des vivants n’est possible une fois dans l’antre du Yomi.

Le Yomi peut être assimilé à l’idée occidentale de l’enfer, ou du Hades, mais avec quelques nuances. En effet, ce royaume des morts ne devrait être considéré ni comme un paradis ni comme un enfer en tant que tel, dans le sens où les morts ne s’y rachètent pas pour leurs crimes, mais mènent une existence effacée, tels des ombres, indépendamment de leurs péchés, et ce pour l’éternité.

Il est connu comme étant le lieu de séjour de Izanami-no-Mikoto après qu’elle soit « morte ». La légende dit que Izanagi l’aurait suivie dans sa chute, et que lors de son retour il aurait scellé l’entrée du royaume des morts à l’aide d’un énorme rocher. Il aurait ensuite créé Amaterasu, Susanou et Tsukuyomi en se purifiant. Izanami, elle, est restée sur place, et règne désormais sur ce territoire désolé.


Rivière Sanzu

La rivière Sanzu, aussi appelée la Rivière des 3 Chemins, est l’équivalent bouddhiste du Styx, le fleuve séparant le monde des vivants de celui des morts. Une fois que quelqu’un meurt, il doit traverser cette rivière au bout de 7 jours, et pour cela, comme dans la mythologie greco-latine, il devra payer son passeur. Pour ce faire, les membres de sa famille placent six pièces d’or dans les affaires de la victime avant son enterrement.

Au bord de la rivière, se trouvent deux démons, Keneou (mâle) et Datsue-ba (femelle). Ils se chargent de peser les offenses du défunt.

Selon d’autres versions, la rivière possède trois passages sur lesquels on peut la franchir : un pont orné de sept trésors, un gué, et une région d’eaux profondes infestées de serpents. Les offenses du défunt déterminent son lieu de passage.

La rivière des morts se trouverait selon la tradition près du mont Osore, au nord du Japon.


Izanagi & Izanami

Ces deux divinités ont été invoquées selon la légende par les dieux primordiaux Kunitokotachi et Amenominakanushi. Ainsi, Izanagi (homme) et Izanami (femme), ont créé la terre grâce à un cadeau qui leur a été accordé : la lance céleste Ame-no-nuboko. Se tenant sur le pont céleste (Ame-no-ukihashi), ils ont trempé la lance dans l’océan et la première île fut créée, sur laquelle ils décidèrent de s’établir.

Vint alors le temps où ils décidèrent de s’unir, ce qui eut des conséquences tantôt fâcheuses comme essentielles pour l’histoire du Japon. Leur première union fut en fait un échec qui engendra Hiruko (sangsue), et Awashima (île effacée), des monstres hideux. Par contre leur seconde union fut concluante, et engendra les îles japonaises, les ouyashima : Awaji, Iyo (ou Shikoku), Ogi, Tsukushi (ou Kyuushuu), Iki, Tsushima, Sado et Yamato.

Six autres îles furent encore créées avant que Izanami ne meure en mettant au monde Kagutsuchi, ou Homosubi (le feu). Elle fut alors enterrée à Izumo. Atterré par sa mort, Izanagi tua Kagutsuchi et la lamenta longuement. Il entreprit de visiter le royaume des morts, le Yomi, afin de la ramener.

Mais c’était trop tard. Izanami, désormais Izanami-no-Mikoto, n’appartenait plus au monde des vivants. D’ailleurs, son apparence était devenue hideuse et Izanagi la redouta. Il fuit le Yomi et en boucha le passage. Izanami, elle, resta enfermée là-bas, et en devint la déesse.


Amaterasu

Amaterasu-Omikami est la déesse du soleil. Son nom signifie « Celle qui illumine le ciel ». Elle est née de l’œil gauche de Izanagi, après son retour du Yomi. Ses frères sont Tsukuyomi et Susanou.

Ce dernier était souvent soûl. La légende raconte qu’il avait ravagé les champs de Amaterasu. Cela mit la déesse dans un grand état de colère, et elle décida de s’emmurer dans la Awa-no-Iwato (Caverne Céleste). A la suite de cet incident, le monde fut plongé dans une obscurité totale, et toute vie commença de flétrir.

Après maintes supplications sans succès, les autres dieux imaginèrent des stratagèmes pour faire ressortir la déesse de son lieu d’exil. Seule Ame-no-Uzume, déesse voluptueuse du plaisir, parvint à ce résultat.

Elle fit s’asseoir les autres dieux en cercle autour de l’entrée et plaça un miroir en face. Elle installa une bassine remplie d’eau, commença une danse sensuelle qui mit les dieux dans un état d’excitation profonde, et provoqua un très grand bruit. Intriguée, Amaterasu sortit de sa cachette et demanda au dieu le plus proche ce qui se passait. Celui-ci lui répondit « Une nouvelle déesse est née », et quand elle lui demanda de qui il s’agissait, le dieu lui montra le miroir. N’ayant jamais eu un aperçu de sa beauté auparavant, et devant l’insistance des dieux, elle accepta de rester sur terre, mais désormais armée d’un arc et de flèches, au cas où son frère lui ferait de nouveau des noises.

Ainsi, l’épée de Susanou, le joyau d’Amaterasu et le Miroir de Uzume devinrent les symboles du Japon, et le retour de la déesse représentera le soleil qui se relève toujours au bout de la nuit.

On la fête le 17 juillet et le 21 décembre.


Susanou

Susano’o, aussi connu sous le nom de Susanou-Mikoto est le dieu Shinto de la mer et des tempêtes.

Dans la mythologie japonaise Susanou est le frère de Amaterasu (déesse du soleil) et Tsukuyomi (dieu de la lune), et tous les trois sont les fils de Izanagi.

De longues et nombreuses rivalités avec Amaterasu sont à l’origine de son mythe. Lors de son départ du pays céleste, sur les ordres de son père, il décida d’un petit jeu, afin de prouver sa sincérité à sa sœur. Ils devaient s’échanger des objets personnels, et en faire naître des dieux. De l’épée de Susanou naquirent 5 hommes et du ruban de Amaterasu 5 femmes. Mais un conflit naquit entre les deux frères quant à l’attribution de ces nouvelles naissances, puisque leurs biens furent échangés. Susanou se soûla et détruit les champs de riz, tuant beaucoup de servantes de sa sœur de manière cruelle, ce qui causa la frayeur et la colère de celle-ci. Elle se réfugia donc dans le Awa-no-Iwato, et le monde perdit le soleil.

Même malgré le retour de sa sœur, Susanou fut banni du royaume céleste. Il descendit à Izumo, où il rencontra un vieux couple, des esprits de la terre du nom de Ashi-nazuchi et Te-nazuchi, en proie à de sérieux soucis. Yamata no Orochi, un serpent à huit têtes avait dévoré leurs sept enfants, et exigeait à présent le huitième, une jeune femme du nom de Kushinada-hime. Susanou accepta de les aider, à la condition de lui donner leur fille, et tua le serpent sans pitié.

Cela se passa dans la rivière Hi (province de Izumo). Il avait transformé Kushinada-hime en un peigne qu’il fixa à ses cheveux. Il avait aussi demandé au vieux couple de préparer huit doses de saké et de préparer huit coupes de grande taille. Les préparatifs terminés, il attendit l’arrivée du monstre.

Celui-ci avait huit têtes et huit queues, ses yeux étaient rouges comme les cerises et des arbres poussaient sur son dos. Il était si immense qu’il recouvrait huit collines et huit vallées. Arrivé sur le lieu du sacrifice, il ne trouva rien d’autre que le saké, et le but, ce qui l’endormit. Susanou en profita alors pour découper la bête en d’infimes morceaux à l’aide de son épée. Mais lorsqu’il essaya de découper la queue du monstre son épée s’ébrecha. La tranchant en deux il en trouva alors une autre à l’intérieur, celle qui deviendra son épée de légende, Kusanagi no Tsurugi, ou Ama-no-Murakumo. Retournant au royaume céleste, il se réconciliera avec sa sœur, en la lui offrant comme cadeau.


Tsukuyomi

Tsukuyomi no Kami est le dieu de la lune dans la mythologie nipponne. Il est le second des trois enfants de Izanagi, mais les versions diffèrent quant à sa naissance. Alors que certains récits proclament que Tsukuyomi est né de l’œil droit de Izanagi, certains autres le font naître de son reflet dans son miroir.

Il a grimpé les escaliers sacrés et a ainsi accédé au royaume céleste, ou Takamagahara. Il a toujours tenu compagnie à sa sœur Amaterasu.

Mais tout comme Susanou, il lui arriva de provoquer sa colère, surtout quand il tua Uke Mochi, déesse de la nourriture au cours d’un somptueux festin. Selon le dieu, même si elle était excellente, il n’avait pas apprécié la façon dont la nourriture avait été conçue.

Depuis, Amaterasu cherche à éviter le regard de son frère. C’est la raison pour laquelle le soleil et la lune ne se rencontrent presque jamais.


Hikohohodemi

Hikohohodemi est le fils de Honinigi et son épouse Konohana Sakuya-Hime, et l'arrière-petit-fils de la déesse du soleil Amaterasu. Son nom signifie "Ombre du Feu". Il a un frère, Honoosuseri, "Eclat du Feu". Il était chasseur, alors que son frère était pêcheur.


Un jour, les deux frères décidèrent d'échanger leurs activités. Ils comprirent bien vite qu'aucun n'était capable d'effectuer les tâches de l'autre et cessèrent bientôt leurs activités. Alors que Honoosuseri rendit l'arc prêté par son frère, Hikohohodemi avait perdu son hameçon. Voulant lui en offrir un autre, son frère refusa l'offre, prétextant qu'il voulait SON hameçon.


Très ennuyé, Hikohohodemi se rendit chez le dieu de la mer Watatsumi-no-Kami, qui vivait au fond de l'Océan. Ce dernier, ayant retrouvé le hameçon, rapporté par un gros poisson, le lui rendit, et c'est alors que la fille du dieu, en voyant le jeune homme, en tomba amoureuse. Oubliant sa quête, Hikohohodemi accepta son amour et l'épousa, vivant au fond de la mer pendant de nombreuses années.


Mais un jour il décida quand même de rentrer chez lui. Son beau-père lui accorda alors deux joyaux permettant de faire monter ou descendre le niveau de la mer, ainsi qu'un crocodile servant de moyen de transport. De retour sur la terre ferme, Hikohohodemi rendit le hameçon à son frère furieux qui lui en voulait encore avec raison. Excédé, il fit alors monter la mer, manquant de peu de noyer son frère. C'est ainsi que Honoosuseri devint son servant.


Peu de temps après, la fille du dieu de la mer rejoignit le chasseur, lui annonçant qu'elle attendait un enfant. Elle lui supplia de ne pas porter le regard sur elle avant l'accouchement, ce qu'il ignora. Alors que son fils venait au monde, Hikohohodemi constata alors que sa femme était un dragon sous forme humaine. Trahie, elle déclara ne plus jamais vouloir voir son époux et s'enfuit au fond de la mer. L'enfant, lui, devint Jimmu Tennou, premier Empereur japonais.


Inari

De forme traditionnellement masculine, un vieil homme sur un sac de riz, Inari est surtout représentée sous les traits d'une belle jeune femme aux cheveux détachés. C'est la déesse du riz, et son culte promet une récolte abondante. Elle est accompagnée de deux renards, ses messagers, et on dit qu'elle en est elle-même un.


Elle vit isolée avec ses servants dans la montagne.


Le mythe dit qu'elle a supplanté Uke-Mochi à sa mort en tant que déesse de la nourriture.


Kwannon

Kwannon, ou Kanon, est la déesse de la pitié. Elle est la promise à l'éveil qui a fait le choix de rester sur terre pour aider les hommes. Surnommée la "Dame donneuse d'Enfants", c'est la protectrice des femmes et des enfants.


Elle serait née d'un rayon de lumière jaillie du côté droit de Amitâbha, un avatar de Bouddha. Elle peut adopter 33 formes, et possède 33 sanctuaires.


Les sept dieux de la chance

Les sept dieux de la fortune, aussi appelés dieux de la chance, ou Shichi Fukujin, sont des dieux traditionnels japonais dotés d’attributs spéciaux.

Hotei, le plus connu car ses statues sont souvent prises pour le Bouddha, est un gros bonhomme, dieu de l’abondance et de la santé. Juroujin est le dieu de la sagesse. Fukurokuju est le dieu de la joie, de la richesse et de la longévité. Bishamonten est le dieu des guerriers. Benten-sama, ou Benzaiten, est la déesse de la sagesse, de l’art et de la beauté, ainsi que de la musique. Daikokuten est le dieu du commerce. Et enfin Ebisu est le dieu de la pêche.

Tous les mythes entourant ces sept dieux, à l’exception de Ebisu, proviennent de la Chine, qui auparavant les a repris de vieilles légendes hindoues. Parfois même, Juroujin est remplacé par Kichijouten, déesse de la joie. Tous deux sont des divinités associées à l’Etoile du Sud.

Ils voguent tous ensemble dans le ciel grâce au Takarabune, un bateau volant. Ils donnent des cadeaux le jour du Nouvel-An.


Aizen-Myuou

Dans la croyance populaire japonaise, Aizen-Myuou, ou Aizen-Myou, est le dieu de l'Amour. Il représente aussi le désir physique et l'amour transformé par le désir d'Illumination. Son corps est rouge et ses six bras brandissent des armes. Il a aussi trois yeux.


Enma-Daiou

Dans le bouddhisme japonais, Enma-Daiou est le juge des morts. Il dérive du dieu de la mort Yama, et certains mythes en font le servant de Izanami.


Il gouverne le Jigoku, où il est entouré de 18 généraux et de millions de soldats, ainsi des démons et des gardes à tête de cheval.


Le monde souterrain du Jigoku est divisé en huit enfers de feu et huit enfers de glace. Selon une tradition, la mort débute par un voyage à travers une vaste plaine aride. Dans certaines versions, des êtres infernaux surveillent le défunt pendant son voyage. Une montagne abrupte marque l'entrée du Jigoku. Le défunt doit l'escalader avant de se retrouver, de l'autre côté, au bord d'une rivière à trois passages (voir Rivière Sanzu). De l'autre côté de la rivière se trouve le palais où le Juge Enma doit l'évaluer.


Il aurait une soeur qui se chargerait de juger les femmes, le roi Enma ne se consacrant qu'à sentencer les hommes, assis entre deux têtes tranchées. A l'aide d'un miroir il évalue les péchés de sa victime et l'envoie dans l'étage du Jigoku correspondant à ses fautes.


Jiraiya

Ce ninja apparaît dans divers contes et représentations populaires de l'Ere Edo. Sa magie lui permettait de contrôler les crapauds, de se déplacer sur leur dos, et parfois même de se métamorphoser en l'un d'entre eux. Aux côtés de sa femme, Tsunade (adepte de la magie des escargots), il a combattu l'un de ses anciens disciples, Orochimaru, qui contrôlait, lui, les serpents.



Tomoe

Faisant partie des rares femmes samourai de haut niveau, Gozen Tomoe était une figure exceptionnelle du Japon féodal. Lorsque son amant Yoshinaka Minamoto prit la tête de son clan, elle fut l'une des seules à prendre son parti pour les batailles à venir contre les autres membres de sa famille.


Konohana Sakuya

Konohana Sakuya était la fille du dieu de la montagne Oyamatsumi. Elle épousa Ninigi-no-Mikoto, petit-fils de Amaterasu, et tomba enceinte. Cependant, Ninigi, jaloux, l'accusa d'infidélité dès la première nuit de mariage. Afin de prouver son innocence, elle mit le feu à sa hutte, déclarant que les flammes ne la toucheraient que si elle était réellement infidèle. Elle s'en sortit indemne.

Son emblème est la fleur de cerisier.


Take-Mikazuchi

Quand Izanagi tua son fils Kagutsuchi, qui avait causé lors de sa naissance la mort de Izanami, Take-Mizakuchi, dieu du tonnerre, nacquit de son sang.

Il a été envoyé avec Futsunuchi, dieu des éclairs, afin d'apaiser les dieux rebelles et reprendre le contrôle de Izumo pour Ninigi-no-Mikoto.


Himiko

Prêtresse de l'ancien royaume de Yamatai, elle a été élue reine en vertu de ses exceptionnels dons en magie. Peu de choses sont connues à son sujet.


Kintoki-Douji

Un autre nom pour Kintaro. Il est aussi appelé Sakata no Kintoki.


Sukuna-Hikona

En plus d'avoir aidé Oukuninushi à fonder le territoire d'Izumo, il a aussi été le créateur de la médecine. Il est réputé pour voguer dans un petit bateau fait de cosses de pois, et de porter une peau d'oie.



Akuma

Un esprit mauvais, normalement associé à un démon.


Bakemono / Obake

Les Obake, ou Bakemono, sont une classe spéciale de Yokai. Comme leur nom l’indique, ils peuvent changer de forme, voire se transformer. Ils ne sont pas à confondre avec les fantômes, bien que le terme Obake soit utilisé pour désigner un fantôme de vieille personne récemment morte.

On classe parmi les bakemono les kitsune (renards), les tanuki (ratons-laveurs), les mujina (blaireaux), ou bakeneko (chats), ainsi que les kodama (plantes) et les tsukumogami (objets usuels possédés).

Leurs transformations peuvent être anodines ou terrifiantes.


Bakeneko / Nekomata / Nekomusume

Un esprit-chat capable de changer de forme. Le nekomata est un bakeneko dont la queue est dédoublée. Une nekomusume est une femme-chat.


Dragon

Les mythes entourant les dragons viennent de Chine, Corée et Inde. Ce sont des dieux des eaux associés à la pluie et aux cours d’eau, représentés sous une forme de grands serpents à quatre pattes, tenant une perle dans leur patte avant droite.


Hakutaku

Une créature inspirée du sage chinois Bai Ze, et qui a établi des rapports concernant les attributs des démons et comment les éviter ou les exorciser. Un être ambigu, assez proche de l’être humain, avec des attributs bovins, comme ses deux cornes.


Houkou

Un esprit des arbres, de forme canine.


Kappa

Un monstre des eaux, proche de la grenouille, dont le sommet du crâne a la forme d’un bol rempli d’eau. On raconte que le Kappa meurt si le « bol » se renverse. Il adore le concombre.


Kitsune / 9 Queues / Tamamo no Mae

Le kitsune est le mot japonais désignant le renard. Celui-ci serait un être très intelligent doté de pouvoirs magiques considérables grandissant avec son âge. Il peut aussi assumer des traits humains. On l'assume comme un être féminin, et comme plusieurs autres bakemono, il est tantôt farceur (yako), tantôt gardien, ami, voire amante ou épouse (zenko).

Du temps où l’homme vivait en harmonie avec le kitsune, le renard s’est associé au dieu Inari, et devint son messager. Depuis, plus un renard a de queues, plus il est puissant. Mais rares sont ceux ayant plus de neuf queues. D’ailleurs, une queue ne leur naîtrait que tous les 1000 ans. Une fois la neuvième queue acquise, le kitsune gagne l’omniscience et une perception mondiale. Certains humains le considèrent comme un dieu.

Comme déjà cité, le kitsune peut prendre forme humaine après avoir une cinquantaine, voire une centaine d’années. Pour cela il a besoin d’un crâne ou d’une grande feuille qu’il place sur sa tête. Il assume ainsi une forme féminine d’une grande beauté. Les récits affirment qu’une femme seule se trouvant dehors au crépuscule ou pendant la nuit pourrait bien en être une… mais elle serait facile à débusquer. Un kitsune a du mal à cacher un détail essentiel : sa queue. Il a aussi peur des chiens.

Les pouvoirs du kitsune comprennent la possession (Kitsunetsuki), la pyrokinésie à l’aide de la queue ou de la bouche, l’accès aux rêves, la lévitation, l’invisibilité et les illusions. Certains peuvent même créer des brêches dans le temps et l’espace, rendre des gens fous ou adopter des formes spectaculaires, telles une deuxième lune. Ils peuvent aussi se nourrir de l’essence vitale des êtres humains, comme les vampires, généralement par contact sexuel.

D’autres kitsune utilisent leurs dons pour le bien de leurs compagnons ou hôtes, en échange de respect. Mais ils ne suivent pas la moralité humaine (ce sont des yokai, quand même), et peuvent apporter de l’argent qu’ils ont volé ou de la nourriture douteuse… Il ne faut d’ailleurs pas confondre cadeau et paiement de la part d’un kitsune. Un paiement vous sera rendu en partie ou intégralement sous forme de papiers, feuilles, branches ou autres, qu’une illusion déguisera en trésors inestimables. Les cadeaux, eux, incluent protection, connaissance ou longue vie.

Les renards sont très souvent dépeints en tant qu’amants, ou épouses, comme cité plus haut, et bon nombre de légendes romantiques sont nées de l’alliance d’un humain et une kitsune. La plus connue de ces légendes est celle de Tamamo-no-Mae.

Tamamo-no-Mae est une courtisane sous le règne de l’Empereur Konoe (1142-1155), proclamée la plus belle et la plus intelligente des femmes de cette époque. Son parfum semblait ne jamais se dissiper et ses habits ne gagnaient jamais un pli, ni ne se salissaient. En plus, elle savait tout sur tout, bien qu’en apparence elle n’ait que 20 ans. Pas étonnant donc que l’Empereur en soit tombé fou amoureux.

Mais après quelque temps, les liens avec sa bien-aimée s’étant resserrés, l’Empereur tomba soudainement et mystérieusement malade. Beaucoup de prêtres et d’oracles ont essayé de l’aider, mais sans succès. Enfin, un astrologue du nom de Abe no Yasuchika, déclara que la cause de sa maladie n’était autre que sa dulcinée, qu’il révéla être une kitsune visant le trône. Ayant été démasquée, elle disparut de la cour.

L’Empereur envoya alors ses deux plus puissants guerriers, Kazusa-no-suke et Miura-no-suke afin de traquer la créature. Ayant présagé sa mort, elle apparut dans les rêves de Miura, lui implorant de l’aide. Le guerrier refusa, et elle mourut le lendemain, d’une flèche de Kazusa. Le corps de la kitsune devint alors une pierre, la Sessho-seki (pierre qui tue), possédée par Hoji, un puissant esprit qui la hante.


Kyuuketsuki

Vampire japonais.


Ningyo

Le ningyo est une créature mi-homme mi poisson, assimilée à la sirène. Elle a la bouche d’un singe, les dents d’un poisson, des écailles dorées, et une voix de flute. Sa chair est délicieuse et accorde une longue vie, voire l’immortalité. Mais sa capture apporte tempêtes et mauvaise augure.

La plus connue des légendes concernant les ningyo est celle de Happyaku Bikuni, la prêtresse de 800 ans. Elle concerne un pêcheur qui attrappa un gros poisson, et qui par fierté invita ses amis à le partager. S’étant aperçu après la cuisson que le poisson avait visage humain, il devint pâle et le dit à tous ses invités. Ceux-ci se renfrognèrent et dissimulèrent leur part sous leurs tuniques, afin la de rejeter à la mer au chemin du retour. Tous le firent sauf un, trop ivre pour s’en rappeler.

Or, il avait une fille qui lui demanda un cadeau à son arrivée chez lui. Toujours ivre, il lui offrit sa part de poisson et elle le mangea. Comme rien de fâcheux ne lui arriva, il oublia cette histoire pendant beaucoup de temps… jusqu’à ce qu’il vieillisse et sa fille conserve sa forme et sa beauté malgré les âges. Elle lui survit de 800 ans.


Oni

Les oni sont des créatures folkloriques, considérés comme des démons, des ogres ou des gobelins. Ils sont très populaires.

On les représente sous les traits de grandes créatures à forme humaine, avec des crocs acérés, des cheveux hirsutes et deux grandes cornes. Ils peuvent avoir un ou trois yeux, ainsi que plus de cinq doigts. Ils sont souvent rouges ou bleus, et portent normalement des pagnes en peau de tigre et des kanabou, des gourdins d’acier. Ils n’aiment pas les fayots.

Ils habitent le grand nord, au-delà de ce que les chinois appellent le Kimon (la porte des démons) ou Ushitora (Bœuf-Tigre), et descendent de leurs tanières pour chercher les esprits mourants ou les jeunes femmes. On les considère aussi comme les servants de Enma-Daiou. Les Temples japonais, comme le Enryakuji sur le mont Hiei, et Kaneiji, vers le château de Edo, font toujours face au nord, et ont souvent la forme d’un « L » afin d’écarter d’éventuels Oni. En outre, des cérémonies, par exemple pendant le Setsubun, ont place chaque année afin de les chasser.

Au cours des siècles, le Oni a aussi reçu le statut de protecteur. Dans les parades, un déguisement de Oni chasserait les mauvaises augures, et un masque de Oni dans une maison, ou Onigawara, contrerait d’éventuels malheurs. On les assimile ainsi aux gargouilles occidentales.


Tanuki

Les tanuki sont les ratons-laveurs japonais (Nyctereutes procyonoides viverrinus, mais tanuki c’est plus simple). Ils font partie du folklore japonais depuis des temps immémoriaux. Les tanuki sont réputés pour être farceurs et joyeux, maîtres du déguisement et du changement d’apparence, mais naïfs et dans la lune. Ils ne sont pas à confondre avec les simples ratons-laveurs, et n’ont aucun lien avec les blaireaux.

Des statues de tanuki peuvent être trouvées devant de nombreux temples et restaurants, spécialement ceux servant des nouilles. Ils sont souvent représentés portant d’amples chapeaux pointus chinois, et une gourde de saké à la main. Ils ont de gros ventres, et de testicules démesurés. A titre d’exemple, certaines représentations les font porter comme des sacoches sur leur épaule…

Ils ont leur propre fête, le 8 novembre.


Tengu / Soujoubou, le roi des Tengu

Les tengu sont une classe de créatures surnaturelles folkloriques. Ils font partie des créatures les plus connues, et font souvent l’objet d’un culte. Bien que leur nom provienne d’un démon à forme de chien, leur apparence assume presque toujours la forme d’un oiseau de proie, très souvent un corbeau, et ils possèdent leurs caractéristiques mélangées au corps humain. Leur bec a été remplacé dans les croyances populaires par un très long nez. Ils portent un petit chapeau noir ou rouge (Tokin), un petit ruban à pompon (Yuigesa), un éventail en plumes (Hauchiwa) pouvant générer des tempêtes, et des Tengu-geta, des sandales à talon très haut. Ils sont très arrogants.

On les associait à des dieux de la guerre, arpentant les cieux au-dessus des champs de bataille afin de débusquer de la chair fraîche. Leur image s’est adoucie, et bien qu’ils demeurent de nature méchante, ils sont devenus de simples dieux de la montagne et des forêts. Normalement calmes, ils peuvent devenir violents lorsqu’un menace leur habitat, surtout en forêt.

Cependant, on leur a toujours attribué des farces, souvent cruelles ou de mauvais goût, ou des complots. A titre d’exemple, au XIIIe siècle, ils auraient enlevé des jeunes garçons et des moines. Alors qu’ils rendirent les garçons sans histoire, les sauveteurs durent décrocher les moines, pendus tête à l’envers sur des arbres… Ils sont aussi réputés pour mener les gens dans la folie ou le coma.

Il est une liste, dressée par le philosophe Hayashi Razan et Inoue Enryou, qui détermine les Daitengu, ou Rois des Tengu :

D’abord, il y a le grand Soujoubou, du mont Kurama. EnsuiteTaroubou de Atago, Jiroubou de Hira, Sanjakubou de Akiba, Ryuuhoubou de Koumyou, Buzenbou de Hiko, Houkibou de Daisen, Myougibou de Ueno, Sankibou de Itsukushima, Zenkibou de Oumine, Koutenbou de Katsuragi, Tsukubahouin de Hitachi, Daranibou de Fuji, Naigubu de Takao, Sagamibou de Shiramine, Saburou de Iizuna et Ajari de Higo.

Les ailes de ces daitengu sont plus grandes et ils assument tous la forme de corbeaux à très long nez. Et certains, comme Saburou, sont encore vénérés aujourd’hui.

Quant à Soujoubou, on dit qu'il avait le visage rouge, le nez très grand, un éventail de sept plumes et les cheveux blanches. Il était réputé pour avoir la force de 1000 tengu. Il aurait entraîné le fameux guerrier Minamoto no Yoshitsune en lui apprenant la guerre, les tactiques et la magie.

Il existe beaucoup de contes parlant de tengu. La plupart du temps elles ont une morale et sont humoristiques, et on y rencontre souvent des tengu stupides qui se font berner par de malins humains. Les plus connus de ces contes sont :

Le manteau magique (Tengu no Kakuremino) :

Un jeune garçon persuade un tengu qu’il peut voir au loin à l’aide d’une tige de bambou. Le tengu, curieux, décide d’échanger la tige contre son manteau, pouvant rendre invisible.

La bosse du vieil homme (Kobutori Jiisan) :

Un vieil homme avait une bosse sur son visage. Il rencontre une bande de tengu sur les montagnes et danse avec eux. Les tengu, appréciant sa danse, lui enlèvent la bosse, croyant la lui rendre le lendemain. Il ne revint pas. Un ami de ce vieillard, qui avait aussi une bosse, se dit que ce serait une bonne occasion de retirer la sienne. Il rejoignit le groupe de joyeux tengu et dansa avec eux. Mais il revint chez lui avec deux bosses…

L’Eventail (Tengu no Hachiwa) :

Une canaille obtient par on ne sait quels moyens un éventail de tengu. Il l’utilise pour faire grandir ou diminuer le nez d’une riche héritière afin d’obtenir sa main. Cependant, alors qu’il dort, il s’évente involontairement, et son nez grandit à l’infini.

La gourde (Tengu no Hyoutan) :

Un joueur rencontre un tengu et décide d’un jeu où ils devaient avouer leur plus grande crainte. Chacun paria, et le tengu misa sa gourde qui ne se vidait jamais. Le joueur répondit qu’il avait peur de l’or. Le tengu avait peur d’une plante. Afin de faire une farce, le tengu fit pleuvoir de l’or, mais se fit chasser par l’humain.

Le coupeur de bois :

Un tengu ennuie un bûcheron depuis longtemps. A chaque fois, le travailleur se fait déconcentrer par l’attitude du yokai. En effet, ce dernier arrive à deviner les pensées de l’humain avec une précision diabolique. Au bout d’un moment, excédé, le bûcheron frappe le bois et envoie un copeau sur le nez de la créature, qui s’en alla en proclamant que les humains ne se soucient pas des autres.


Tsukumogami (Bakezouri / Karakasa / Kameosa)

Les Tsukumogami sont des esprits particuliers. Ils naissent au centième anniversaire d’un objet usuel et lui donnent vie. Tout objet est ainsi un tsukumogami en puissance, depuis les armes jusqu’aux jouets.

Ils peuvent avoir d’horribles ou grotesques visages, selon l’objet. Leurs actes consistent néanmoins à faire des farces ou à inspirer la peur, plutôt que faire le mal. Mais gare à celui qui les a jetés ! Le tsukumogami arrive très bien à effrayer quelqu’un, mais il peut le faire à mort. Et il peut demander de l’aide à des compagnons. Pour éviter cela, des cérémonies comme les Hari Kuyou étaient organisées afin de purifier et calmer les objets inutilisables.

Cependant, les objets modernes ne peuvent pas devenir des tsukumogami. Non seulement ils craignent la foudre, donc l’électricité, mais aucun objet actuel ne dure 100 ans…

Voici une liste des tsukumogami les plus connus : Bakezori (sandales), Karakasa (ombrelles), Chochinobake (lampes), Ittanmomen (cotons), Biwayanagi (biwas), Furu-utsubo (jarres), Shirouneri (voiles), Jotai (tissus), Morinji no Okama (bouilloires), Kyourinrin (Parchemins), Zorigami (Montres), Ichirenbozu (rosaires), Yamaroushi (brosses), Kameosa (bouteilles ou gourdes).


Youkai

Les Youkai, ou Yokai, sont une classe de créatures surnaturelles comme les Oni, les Kitsune ou la Yuki-Onna. Certains, tels les Kappa et les Tengu, sont mi-humains, mi-animaux.


Yousei

Les Yousei sont assimilés aux fées. Leurs pouvoirs diffèrent selon les légendes, et varient entre la manipulation d’éléments tels la glace, et la capacité de ramener des morts à la vie.


Yuki-Onna

Très populaire, la Yuki-Onna, ou femme des neiges, apparaît dans les nuits glaciales et enneigées comme une grande et belle femme aux longs cheveux, mais à la peau très pâle. C’est pour cela que certains témoins affirmant en avoir vu une disent qu’elle peut se dissiper. On lui attribue aussi un kimono blanc.

Son regard inspire la terreur, et elle semble prendre plaisir à congeler tout voyageur imprudent perdu dans la neige. Certains contes lui attribuent même la faculté d’aspirer l’essence vitale de ses victimes, telle une succube, au travers du contact charnel, ou par un baiser. Elle semble avoir le pouvoir de flotter au-dessus de son élément, ne laissant aucune trace, ou même de se transformer en un nuage de neige.

On dit qu’elle représente l’esprit d’une victime de la neige. Ce statut est renforcé par sa faculté d’être impitoyable malgré sa beauté et sa sérénité.


Yuurei

Les yuukon (âmes), sont simplement des fantômes attendant un rite funéraire afin de devenir protecteur de leurs familles. Selon la légende, ils reviennent une fois par année, lors du Festival du Obon (mois d’août), afin de leur rendre visite.

Mais si ces fantômes meurent de façon violente ou ne reçoivent pas les rites adéquats, ils deviennent alors des Yuurei (esprits diffus) et hantent ce monde à jamais. Ils ne peuvent trouver le repos qu’une fois vengés ou leur requête terminée.

Certains attributs ont été donnés spécifiquement à cette classe de yokai et on peut ainsi traditionnellement les reconnaître : Ils ont des habits blancs, les cheveux noirs et longs, les mains pendantes, les pieds invisibles sous les habits, et sont accompagnés de Hitodama (flammes floues). En outre, ils sont classés en différentes catégories :

Les Onryou sont des fantômes évadés du purgatoire. Les Ubume sont mortes en mettant au monde leurs enfants (elles sont en général inoffensives). Les Goryou sont des martyrs de la haute classe. Les Funayuurei sont les fantômes des naufragés. Les Zashiki-warashi sont des esprits d’enfants farceurs. Les Fantômes Samourai sont des dérivés de Goryou, morts pour une cause juste. Enfin, les Fantômes Seductrices, associées aux succubes, essaient de séduire les vivants. Deux autres sortes de Yuurei sont de nature religieuse (bouddhiste). Ce sont les Gaki et les Jikininki.

Certains vivants peuvent aussi être dotés des attributs d’un Yuurei et se séparer de leur esprit momentanément. On les appelle des Ikiryo. L’exemple le plus frappant est Rokujo no Miyasundokoro, du Dit du Genji.

Comme les Obake, ce sont des hanteurs. La principale différence entre ces deux classes est que alors que les Obake hantent un endroit, les Yuurei hantent une personne. Mais il y a des exceptions…

Ils apparaissent entre 2 et 3 heures du matin, heure où les deux mondes sont le plus proches.

Leur hantise peut être éternelle. Seul l’accomplissement de leurs frustrations peut les calmer et les envoyer dans l’Au-Delà. Mais certains, surtout les Onryou assoiffés de vengeance, peuvent continuer leur œuvre bien au-delà de leur assouvissement et ce pendant des siècles.

Parmi les lieux que l’on dit hantés par des Yuurei on peut citer le puits du château de Himeji, hanté par Okiku, et Aokigahara, la forêt au pied du mont Fuji, lieu populaire et propice aux suicides. En outre, Oiwa, une Onryou extrêmement puissante, est prête à se venger de toute actrice incarnant sa vie.

Pour chasser un Yuurei, il existe plusieurs methodes : vengeance de la main de descendants / membres de la famille, déclaration / acte d’amour avec l’être aimé, enterrement et rites proprement accomplis, exorcisme. En effet, les Yuurei, comme maints autres yokai, sont sensibles aux Ofuda, des rubans sacrés en papier où sont écrits des noms de Kami. En plaçant le ofuda sur le front d’un Yuurei, on le bannit dans l’Au-Delà.


Le Prince Onamuji et le lapin d’Inaba

Il était une fois un lapin qui vivait sur une île. Jour après jour, il restait sur l’une des berges, songeant à un moyen de rejoindre la province de Inaba, située de l’autre côté de la mer. Mais comment faire ? Le lapin y réfléchit longuement.

Un jour, il lui vint une idée. Depuis quelque temps, des crocodiles rôdent autour de son île. Il décida de tester leur crédulité, et leur demanda lequel était le plus grand. Chacun répondit à sa façon, mais le lapin voulait être sûr, et leur demanda de se placer l’un à côté de l’autre. Disposés comme les planches d’un pont en bois, les crocodiles permirent ainsi au lapin de traverser aisément la mer.

Mais les crocodiles n’aimèrent pas la farce et s’emparèrent de lui. Après avoir décidé de son sort, ils le scalpèrent et le laissèrent sur le rivage d’Inaba.

Plusieurs nobles passèrent, et devant leur scepticisme, le lapin leur raconta son histoire. Les gentilshommes rirent et lui proposèrent de se baigner dans la mer, afin que son poil repousse. Le lapin fit comme ils le lui avaient dit, mais cela ne fit qu’empirer son état.

C’est alors qu’un autre gentilhomme survint et lui demanda ce qu’il faisait là. Le lapin lui raconta son histoire et celui-ci lui recommanda une façon de se soigner. Il devait nettoyer le sel de mer grâce à une eau de source et se frotter de certaines herbes. Le lapin fit comme il le lui avait dit, et son poil repoussa miraculeusement.

Exprimant sa gratitude, il demanda le nom du noble jeune homme. Il lui dit être le Prince Onamuji, fils d’Amaterasu, déesse du soleil. Et il gratifia le lapin d’une longue vie et d’un bonheur éternel.

Ce don sembla déteindre sur l’entourage du lapin, puisque la légende raconte que ce gentilhomme se rendait au palais d’une belle princesse, ainsi que le faisaient les autres gentilshommes qui l’avaient croisé, et que ce fut lui que la princesse choisit.

Ainsi nacquit la légende du lapin porte-bonheur, le lapin blanc d’Inaba.


La princesse Kaguya et le coupeur de Bambou

Il était une fois un homme qui ne pouvait avoir d’enfants. Il était coupeur de bambou, et vivait dans une modeste maison, ayant juste de quoi vivre de son travail. Un jour, alors qu’il s’occupait du bambou, une tige se mit à briller. L’examinant de près il y vit une petite fille, aussi grande qu’un poing. Il la prit en pitié à cause de sa fragilité et sa beauté et la mit dans un panier, s’empressant de rentrer chez lui. Son épouse l’accueillit aussi et ils en firent leur fille, lui donnant le nom de Kaguya, Clair de Lune.

Les mois passèrent, et Kaguya devint une très belle jeune fille entourée de lumière. Bientôt elle se trouva en âge de se marier, et les prétendants affluaient aux portes du vieux couple, demandant ne soit-ce qu’admirer sa beauté. Mais elle refusa toujours de se laisser contempler. Bientôt, une foule s’assembla dans leur cour.

Au fur et à mesure que le temps passait, cependant, beaucoup de prétendants s’en allèrent. Seuls cinq gentilshommes restèrent sur place, jurant de la voir et d’en faire leur épouse. Jour après jour, ils demandaient à la voir ou lui envoyaient des haiku (poèmes à 17 syllabes). Et toujours, la belle refusa leur compagnie.

Il y eut alors un jour où les samourai demandèrent au vieil homme de la persuader de se montrer. Le vieil homme céda et posa la question à sa fille : Pourquoi ne voulait-elle pas les voir. Elle lui répondit qu’elle ne voulait pas se marier, mais que s’ils tenaient vraiment à elle ils devraient passer un test chacun. Ils devaient accomplir cinq requêtes impossibles : Chercher le bol de pierre de Bouddha, en Inde. Une branche de l’arbre sacré du mont Horai, dont les racines sont d’argent, les rameaux en or, et les fruits des perles blanches. La peau du Rat de Feu, qui protégeait contre cet élément. La pierre aux cinq couleurs gardée par un dragon. Et la coquille avalée par un moineau.

Tous cinq échouèrent.

Le vieil homme était ravi que l’amour et la reconnaissance de sa fille soient si inébranlables, mais il attendait aussi avoir des petits-enfants qui assureraient le futur de sa famille. C’est ainsi qu’il devint morose, sentant ses derniers jours arrivés.

Mais l’Empereur, ayant eu vent de la beauté de Kaguya, vint bientôt la trouver. Il fut le seul à contempler sa beauté et jura de l’épouser.

Tout semblait bien se passer jusqu’à ce que des émissaires ne descendent du ciel afin de ramener la jeune fille chez elle, dans la Lune. Car il s’agissait de la Princesse Kaguya. La jeune fille ignora les supplications de l’Empereur et remercia le vieil homme, lui assurant de quoi vivre heureux jusqu’à son dernier jour. Quand à son prétendant, elle lui offrit l’Elixir de Vie Eternelle avant de partir. La légende raconte que l’Empereur le refusa et le plaça au sommet du Mont Fuji.


La Tanabata

Il était une fois une jeune fille que l’on appelait la Tisserande. Il s’agissait de la Princesse Orihime, fille de l’Empereur Celeste. Tous les jours, elle tissait le ciel, le décorant d’étoiles. Un jour, alors qu’elle observait la terre, elle vit un jeune bouvier avec son bétail, Hikoboshi, et en tomba amoureuse. Voyant que son amour était impossible, elle décida de s’enfuir et le rencontra.

Les jours passèrent, et le jeune couple vivait heureux. Tout le monde restait admiratif devant la beauté de la jeune fille, et bientôt la nouvelle d'une beauté céleste parvint aux oreilles de son père. Furieux, il vint chercher sa fille en personne et l’arracha des bras de son fiancé. Celui-ci se morfondit, ne pouvant se consoler à perdre ce qu’il avait de plus cher au monde.

Dans le Royaume Celeste, il en était de même de la Tisserande. Elle ne voulait plus tisser le ciel, et passait ses longues journées à pleurer. Au bout d’un certain temps, la colère de son père s’estompa, et son cœur ne lui permit pas d’en souffrir davantage. Il accorda donc sa bénédiction, sous certaines conditions.

Un seul jour par année, Orihime et Hikoboshi pouvaient se retrouver. Le 7 juillet. Ce jour-là, les étoiles seront disposées comme un pont, lieu de passage entre ce monde et le Royaume Celeste, et par ce pont viendra la princesse, qui à jamais retrouvera son Amour.


Le moineau à la langue coupée

Il était une fois un vieil homme honnête et travailleur qui vivait avec sa femme, une mégère qui passait son temps à pester et insulter. Ne pouvant plus avoir d’enfants, le vieillard adopta un moineau et ne manquait pas d’occasion de jouer avec lui. Il l’éleva comme son enfant, lui apprit à parler, et tous les jours étaient illuminés par leur bonheur. Mais son épouse détestait l’oiseau. Un jour qu’il était affamé, en l’absence du vieil homme, le moineau mangea une part qui ne lui revenait pas. La vieille dame, y voyant un prétexte pour se venger de cet importun, lui coupa la langue et l’oiseau s’enfuit.

A son retour, le vieillard demanda où se trouvait l’oiseau, et sa femme lui répondit qu’elle l’ignorait. Il sombra dans une profonde mélancolie, et perdit des couleurs, si bien que, excédée, la vieille dame lui dit la vérité. Il décida alors de partir à la recherche de son oiseau adoré.

Arrivé à une forêt de bambou, il trouva le petit moineau et fondit en larmes quand ce dernier vint vers lui. L’oiseau se révéla être une fée et invita le vieillard à passer du temps dans sa maison au fond des bois. Mais au bout d’un moment le vieillard se dit qu’il devait rentrer, et l’oiseau-fée lui proposa un cadeau. Il devait choisir entre deux coffres, un grand et un petit. En guise de gratitude, son contenu lui appartiendrait. Le vieillard, fatigué et faible, choisit le petit.

Arrivé à la maison, il raconta tout à son épouse et ouvrit le coffre. Il était rempli de richesses, de quoi vivre dans l’opulence jusqu’à la fin de leurs jours. Mais la vieille dame lui demanda pourquoi il n’avait pas choisi le grand coffre et le réprima. Elle refusa de lui parler et l’ignora totalement. Attristé, le vieil homme retourna chez le moineau et lui demanda le grand coffre pour sa femme. L’oiseau lui répondit que si elle le voulait vraiment, il faudrait qu’elle vienne le chercher.

Et c’est ce qu’elle fit. Le lendemain, elle était à son tour dans la maison au fond du bois. Aussitôt arrivée, elle demanda le coffre tant convoité, et dévorée d’ambition elle l’ouvrit sur place, ce qui faillit la consumer. Ce qu’elle vit en sortir était la personification du mal. Elle en fut si effrayée que plus jamais elle n’ouvrit la bouche, et devint docile jusqu’à sa mort.


Momotarou

Il était une fois un couple de vieillards qui vivait paisiblement au bord d'une rivière. Un jour, alors que la vieille femme lavait son linge, elle vit une grosse pêche qui flottait sur l'eau. Songeant que son mari aimerait certainement gouter de ce fruit peu commun en cette saison, elle le prit dans ses bras, et l'emporta allègrement à la maison.

Quand elle essaya de couper le fruit pour le manger, voilà qu'il s'ouvrit brusquement. Un petit garçon plein d'énergie apparut alors. N'ayant pas d'enfant, ils remercièrent la providence de connaître enfin la joie d'être parents. Ils décidèrent de l'élever comme leur fils, et l'appelèrent "Momotarou" ce qui voulait dire "garçon né de la pêche".

Momotarou grandissait et devenait chaque jour plus fort. Cependant c'était un garçon plutôt paresseux, et il trouvait toujours une excuse pour ne pas aider ses parents ou les autres villageois qui pourtant en avaient bien besoin. Quand il eut atteint sa majorité, il était doté d'une force herculéenne et pouvait faire seul ce que d'autres devaient faire à dix. C'était vraiment injuste qu'un tel don ait été donné à un être aussi paresseux... c'est ce que tous pensaient en leur for intérieur, et ils ne pouvaient s'empêcher de lui en vouloir. Un jour, alors que Momotarou courait comme à son habitude la campagne au lieu d'aider aux travaux des champs, des démons attaquèrent le village. Ils se déchaînèrent, tel des furies, sur les pauvres villageois sans défense.

Après cette terrible attaque, Momotarou, tombé complètement en disgrace aux yeux de tous, ne pouvait plus rester au village. Il décida alors de se mettre en route vers l'île des démons, et de mettre fin à leurs sombres agissements. Peut-être retrouverait-il ainsi sa place au sein des habitants du village ? Quoi qu'il en soit, il prépara son baluchon et alla dire au revoir à ses parents. La vieille femme qui s'inquiétait toujours beaucoup pour lui, se hâta de préparer des kibidango (boulettes de millets), qu'elle lui donna pour le voyage.

Sur le chemin, Momotarou rencontra un chien qui n'avait pas mangé depuis plusieurs jours. Plein de compassion, il lui donna un kibidango, et le chien rassasié lui proposa de l'aider dans sa quête. Ils se mirent en route, mais bientôt ils rencontrèrent un singe et un faisan tout aussi affamés. Le garçon leur donna ses derniers kibidango. Le singe et le faisan, décidèrent alors d'unir leurs forces à celles de Momotarou pour combattre les démons.

Malheureusement, l'île des démons, n'était pas facile à trouver, et s'il n'y avait eu le faisan pour partir en éclaireur sans doute ne l'auraient-ils jamais trouvé. Une fois sur l'île, ils trouvèrent un grand château mais celui-ci était bien protégé et la porte solidement fermée. Mais le singe, qui avait toujours plus d'un tour dans son sac, escalada furtivement la muraille et alla ouvrir la grande porte, caché par la nuit. Ses compagnons attaquèrent alors les démons : le chien mordait, le singe griffait, le faisan donnait des coups de becs dans leurs yeux. Momotarou quant à lui, alla trouver le chef des démons et le vainquit après une terrible confrontation.

A la vue de leur chef vaincu, les démons se rendirent bien vite. Momotarou exigea d'eux qu'ils laissent à l'avenir les villageois en paix, et qu'ils réparent tout le mal qu'ils leur avaient fait. Ils embarquèrent ainsi de nombreux trésors sur leur navire et repartirent. Momotarou ne tarda pas à rentrer chez lui et annonça aux villageois que désormais ils n'auraient plus rien à craindre des démons. Tous débordèrent d'admiration et de reconnaissance envers cet étrange garçon. C'est ainsi que grâce aux trésors et à la victoire remportée, ils purent tous vivre heureux et en paix, encore longtemps après...


Urashima

Il était une fois un pauvre pêcheur du nom de Urashima qui vivait seul avec ses parents. Il était très doué, et son talent pour la pêche n'avait d'égal que sa gentillesse et la pureté de son coeur.

Or, voici qu'un jour il rencontra quatre garnements, des jeunes enfants qui torturaient une tortue au bord de la mer. Deux d'entre eux cernaient l'animal et l'empêchaient de fuir, alors que le troisième le frappait avec un bâton, et le quatrième lui jetait des cailloux. Urashima eut pitié de la tortue et proposa aux malotrus de la laisser tranquille. Devant la réticence des enfants, il leur proposa le peu d'argent qu'il avait sur lui en échange de la créature, et ceux-ci la libérèrent enfin. Après quoi, Urashima remit la tortue à la mer d'où elle était venue.

Cette nuit-là, il eut du mal à dormir, imaginant que la vie d'une tortue pouvait atteindre plus de 1000 ans, et que ce serait vraiment ignoble de l'écourter ainsi...

Le lendemain, il prit son petit canot et partit pour une nouvelle journée de travail. Mais voila que, loin des côtes, une voix l'appela. Se penchant par-dessus son embarcation, il vit une tortue qui lui parlait. Ce n'était apparemment pas la même que celle qu'il avait sauvée, mais elle voulait le remercier pour ses actes de la veille. Urashima était modeste, il n'accepta donc rien d'autre que la parole de la vieille tortue. Cependant, celle-ci insista pour le remercier convenablement et lui proposa de visiter le légendaire palais du Dragon des Mers, situé au fond des Océans. Flatté par l'honneur d'une telle proposition, il accepta et, montant sur le dos de la tortue, il plongea plus profondément que ne l'avait fait nul autre auparavant.

Urashima ne s'était point mouillé et n'avait jamais manqué de souffle quand il parvint à l'immense portail du palais sous-marin. Il s'agissait d'une maison titanesque où s'affairaient des milliers de créatures aquatiques, les vassaux du Roi-Dragon.

Enfin, il fut invité aux quartiers royaux, où il fut accueilli par la fille du roi, la princesse Otohime. Et quelle ne fut la surprise du modeste pêcheur quand il sut que cette splendide jeune femme n'était autre que la tortue qu'il avait sauvé la veille. Frappé par un coup de foudre, et après que la princesse lui eut promis sa main, ils se marièrent.

Urashima resta au palais trois jours. Au bout du troisième, il s'inquiéta pour ses vieux parents et demanda s'il ne pouvait revenir chez lui pour une journée. Après qu'il ait insisté, la princesse consentit, et lui donna une boîte magique qu'il devait promettre de ne jamais ouvrir. Il s'accrocha donc de nouveau au dos de la tortue et repartit, heureux de revoir les siens, et anxieux de revenir.

Cependant, chez lui, il ne trouva rien d'habituel. Il ne reconnut personne. Et des intrus habitaient sous son toit. En demandant aux nouveaux résidents de sa maison où se trouvaient ses parents, ils lui répondirent qu'ils étaient morts il y avait de cela 300 ans, après que leur fils, Urashima, soit disparu en mer. C'est alors qu'il comprit que son séjour au palais n'avait pas duré 3 jours, mais cent fois autant d'années.

Il revint vers le bord de mer et appela la tortue, qui ne vint jamais. Désespéré, il ouvrit alors la boîte interdite.

Selon les versions, Urashima aurait soit vieilli instantanément et serait devenu poussière, puni pour avoir trahi sa promesse avec la princesse, ou il aurait été transformé en poisson, et serait revenu au palais, où il vivrait toujours aux côtés de sa bien-aimée.


Sources

Wikipedia

Encyclopédie Illustrée de la Mythologie, Cotterell & Storm, Editions Celiv

Japanese Fairy Tales, Yei Theodora Ozaki, 1908